Préparer un premier long road trip en camping-car en Europe : par où commencer ?
Quand j’ai préparé mon premier “vrai” long road trip en camping-car à travers l’Europe, j’ai vite compris que ce n’était pas juste des vacances, mais un vrai petit projet de vie. Entre le budget, l’itinéraire, le choix des aires de stationnement, la gestion de l’eau, du gaz, de l’électricité… il y a de quoi se sentir un peu perdu au départ.
Dans cet article, je partage la manière dont je prépare aujourd’hui un long voyage en Europe en camping-car, après plusieurs milliers de kilomètres entre la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et un bout d’Europe centrale. L’objectif : vous aider à éviter les galères de débutant, optimiser votre budget et construire un itinéraire réaliste et agréable, que vous soyez en van aménagé ou en camping-car plus classique.
Définir son budget pour un road trip en camping-car en Europe
La première question que je me pose toujours avant de partir pour plusieurs semaines ou plusieurs mois : combien va me coûter ce voyage en camping-car ? Le budget dépend évidemment du mode de vie de chacun, mais il y a des postes de dépense incontournables.
En général, je découpe mon budget camping-car en Europe en plusieurs grandes catégories :
- Carburant
- Péages et vignettes
- Stationnement (campings, aires, parkings payants)
- Nourriture
- Assurances (camping-car, santé, assistance)
- Entretien et imprévus mécaniques
- Loisirs et visites
- Téléphonie et internet
Carburant et consommation : anticiper pour mieux choisir l’itinéraire
La consommation d’un camping-car ou d’un van aménagé joue un rôle énorme dans le budget. Avec mon fourgon, je tourne entre 8 et 10 L/100 km selon les pays (autoroutes, montagne, vent, poids, etc.). Pour estimer le coût du carburant, je commence toujours par :
- Estimer le nombre de kilomètres prévus pour le road trip en Europe
- Appliquer une consommation moyenne réaliste (plutôt un peu au-dessus que trop optimiste)
- Comparer le prix moyen du carburant dans les pays traversés
Par exemple, un itinéraire de 5 000 km avec une consommation de 9 L/100 km représente 450 litres de carburant. Si j’estime un prix moyen à 1,80 €/L, j’arrive à environ 810 € uniquement pour le carburant. Rien que cette estimation peut parfois me pousser à modifier mon parcours ou à éviter certains détours.
Péages, vignettes et ferries : les coûts cachés du road trip
Le coût des péages en Europe est souvent sous-estimé. Entre les autoroutes françaises, italiennes, espagnoles ou les vignettes obligatoires en Suisse, en Autriche ou en Slovénie, l’addition grimpe vite.
De mon côté, j’alterne beaucoup entre :
- Autoroutes pour “avaler” des kilomètres sur les longues traversées
- Routes nationales ou secondaires pour économiser et profiter du paysage
Avant de partir, je vérifie systématiquement :
- Les sites officiels des autoroutes dans chaque pays (tarifs, gabarits pour les camping-cars)
- Les systèmes de vignette (Autriche, Suisse, Hongrie, etc.)
- Les traversées en ferry si je prévois d’aller sur des îles (Sardaigne, Corse, Grèce, etc.)
Astuce qui m’a déjà évité quelques sueurs froides : noter quelque part les hauteurs maximales de votre camping-car ou van, ainsi que le poids total autorisé en charge. Certains tunnels, ponts ou ferries ont des limitations strictes.
Stationnement : aires de camping-car, campings, bivouac et applications utiles
Quand on part pour un premier grand road trip en camping-car, la question du stationnement est souvent source de stress. Où dormir ? Est-ce autorisé ? Est-ce sécurisé ? Personnellement, j’utilise un mix de solutions selon les pays et la saison.
Je jongle généralement entre :
- Aires de services et de stationnement : parfaites pour faire les pleins et les vidanges, avec un coût souvent raisonnable.
- Campings : plus confortables, intéressants pour se poser plusieurs jours, faire une lessive, recharger les batteries, se doucher tranquillement.
- Bivouac / stationnement sauvage (là où c’est toléré) : pratique pour profiter de spots nature, surtout en bord de mer ou à la montagne.
Les applications et sites spécialisés sont devenus indispensables pour moi dans la préparation et la gestion quotidienne du voyage en camping-car :
- Apps de type Park4Night, Caramaps, Campercontact pour trouver des aires et spots de nuit
- Google Maps pour anticiper l’accessibilité (gabarit, pente, petites routes)
- Street View pour vérifier visuellement un emplacement avant d’y aller avec le camping-car
Au fil des voyages, j’ai appris à toujours avoir un “plan B” pour la nuit, surtout en haute saison ou près des zones touristiques. Rien de pire que d’arriver tard le soir sur un spot complet ou interdit, sans autre solution à proximité.
Préparer un itinéraire réaliste pour un long road trip en Europe
Pour mon premier grand périple en camping-car, j’ai clairement été trop ambitieux. Je voulais absolument faire France – Espagne – Portugal – Italie en quelques semaines. Résultat : beaucoup de kilomètres avalés, et parfois l’impression de survoler les endroits sans vraiment les vivre.
Depuis, j’ai changé ma façon de concevoir l’itinéraire d’un road trip en Europe :
- Je limite le nombre de pays pour prendre vraiment le temps
- Je fixe des grandes “zones” plutôt que des étapes figées (par exemple : Costa Brava, Algarve, Dolomites, côte croate)
- Je prévois quelques points forts immanquables, et beaucoup de flexibilité entre ces points
Un repère que j’utilise souvent pour un voyage en camping-car relativement confortable : entre 100 et 200 km par jour en moyenne quand je suis en mode nomade, et des pauses de plusieurs jours au même endroit lorsque je trouve un spot qui me plaît vraiment (bord de mer, lac, montagne).
Mer, montagne, villes : trouver l’équilibre
J’adore alterner entre séjours au bord de la mer et escapades en montagne. L’Europe est parfaite pour ça : en quelques centaines de kilomètres, on peut passer d’une plage sauvage de l’Atlantique à un col alpin ou un lac de montagne.
Dans la préparation de l’itinéraire, je pense toujours à :
- Éviter les grandes villes avec le camping-car, ou y aller en périphérie puis utiliser les transports en commun
- Équilibrer les zones très touristiques avec des coins plus calmes pour souffler
- Anticiper les variations climatiques : chaleur sur la côte, fraîcheur en altitude (bien pratique l’été en van ou camping-car)
En été, je cherche souvent la montagne pour dormir au frais, quitte à revenir vers la mer en journée. En hiver, je fais l’inverse : cap sur le sud de l’Europe (Espagne, Portugal, sud de l’Italie) en restant proche de la mer où les températures sont plus douces.
Gérer l’eau, l’électricité et le gaz en camping-car
Sur un long voyage en camping-car en Europe, la gestion des ressources devient vite une routine quotidienne. C’est ce qui fait la différence entre un road trip fluide et une succession de petites galères.
Pour l’eau, j’essaie de :
- Remplir le réservoir dès que j’en ai l’occasion, sans attendre d’être à sec
- Limiter les douches très longues dans le camping-car, surtout en autonomie
- Utiliser une bassine pour la vaisselle afin de moins consommer
Côté électricité, comme je travaille en tant que nomade digital, j’ai dû rapidement optimiser mon installation :
- Batterie auxiliaire et panneau solaire pour l’autonomie
- Multiprise, adaptateurs pour les différents pays, rallonge extérieure pour les campings
- Charge en roulant grâce à l’alternateur, surtout les jours nuageux
Le gaz est un autre point important, surtout si vous cuisinez beaucoup dans le camping-car et que vous voyagez en hiver (chauffage). Selon les pays, les bouteilles et les systèmes de raccords varient. J’ai fini par opter pour un système plus universel afin d’éviter de me retrouver sans gaz au mauvais moment.
Assurances, documents et sécurité : les basiques à ne pas négliger
Avant de partir pour plusieurs semaines ou mois en Europe avec le camping-car, je fais toujours un check complet des documents :
- Carte grise, contrôle technique à jour
- Attestation d’assurance avec extension Europe
- Assurance santé et/ou carte européenne d’assurance maladie
- Permis de conduire adapté au PTAC du véhicule
Côté sécurité, je garde dans le camping-car :
- Une trousse de secours complète
- Triangle, gilet, extincteur, câbles de démarrage
- Photocopies des documents importants (et copies numériques)
Je privilégie aussi les lieux de stationnement fréquentés par d’autres camping-cars ou vans lorsque je ne connais pas la région, surtout pour les nuits. Avec l’expérience, on développe une sorte d’instinct : si un endroit ne m’inspire pas confiance, je préfère rouler quelques kilomètres de plus.
Gérer son rythme de vie en road trip long : travailler, se reposer, profiter
Comme beaucoup de nomades digitaux en van ou camping-car, je dois jongler entre temps de travail et temps de voyage. Un long road trip en Europe ne ressemble pas à des vacances classiques.
Voici ce qui fonctionne pour moi :
- Bloquer certains jours dédiés au travail (souvent quand la météo est mauvaise)
- Alterner journées “route” et journées “posées” au même spot
- Choisir des emplacements avec une bonne connexion 4G/5G quand j’ai besoin de travailler
En pratique, je passe souvent plusieurs jours au même endroit si je m’y sens bien, surtout près de la mer ou d’un lac, avec une bonne exposition solaire pour les panneaux et une connexion correcte. C’est là que la vie en camping-car prend tout son sens : pouvoir adapter son rythme à ses besoins.
Petites astuces pour éviter les galères en camping-car
Au fil des années, j’ai accumulé quelques habitudes qui m’ont évité pas mal de mauvaises surprises en road trip :
- Vérifier la météo régulièrement, surtout en montagne (neige, vents violents, orages)
- Ne jamais descendre en dessous d’un certain niveau de carburant, surtout dans les zones reculées
- Anticiper les jours fériés et week-ends prolongés dans chaque pays (aires et campings souvent pleins)
- Avoir toujours un peu de nourriture “de secours” à bord : pâtes, riz, conserves
- Choisir des routes adaptées au gabarit du camping-car (éviter si possible les ruelles de vieux centres-villes)
Enfin, j’essaie de garder une règle simple : ne pas tout planifier, mais ne pas partir complètement à l’aveugle non plus. Un long road trip en camping-car en Europe, c’est un équilibre entre préparation, flexibilité et envie d’improviser.
Avec le temps, on apprend à connaître ses propres besoins : certains préfèrent les campings confortables, d’autres les bivouacs sauvages en pleine nature, certains enchaînent les pays, d’autres restent plusieurs mois sur la même côte. L’important est d’adapter le budget, l’itinéraire et l’organisation à votre manière de vivre la route.
